2018 ne rimera pas avec joie, bonheur etc. pour les salariées, bénévoles, adhérents et pensionnaires de l'Association OISO et du centre de soins. En effet, cette année fut très compliquée et se termine par la liquidation judiciaire de l'association, la fermeture du centre de soins et le licenciement du personnel. Tous les animaux encore soignés au centre de soins ont été transférés dans d’autres structures pour y finir leur convalescence avant de retrouver la liberté.

Nous voulons par les mots qui vont suivre vous remercier, vous expliquer et vous dire au revoir.

Tout d'abord, MERCI !

Merci à tous nos bénévoles qui ont su donner de leur temps, de leur patience, de leur vie et qui se sont investis à fond dans leur rôle si important. Sans eux rien n’aurait été possible. La majeur partie des animaux blessés sont arrivés au centre de soins par l’intermédiaire des bénévoles transporteurs, c’est donc d’abord grâce à eux qu’ils ont pu retrouver la liberté. Ce sont plus de 100 bénévoles qui ont œuvrés tous les jours pour nous aider à soigner la faune sauvage.
Merci à tous les cabinets et cliniques vétérinaires d'avoir apportés les premiers soins à de nombreux animaux en détresse.
Merci à nos très nombreux adhérents et donateurs qui nous ont soutenus coûte que coûte. Même si cela n’a pas permis de sauver le centre de soins cela nous a donné les moyens de prendre en charge plus de 4000 animaux en détresse durant ces 5 dernières années.
Merci à tous nos partenaires techniques, LPO 62-59, Eden62, CEN, LPA, SPA, GON, IFREMER, Athéna Packaging, etc. d'avoir répondu présents dès que nous les sollicitions.
Merci Ă  nos partenaires financiers CR, CG, EDF, Nature et DĂ©couvertes, Fondation Brigitte Bardot, 30 millions d'amis, GON, LPO etc. sans qui toute cette aventure n'aurait vu le jour.
Merci aux 2470 personnes qui nous suivent sur notre page Facebook de France et d'ailleurs.
Merci à tous ceux qui ne sont pas cités mais qui nous ont aidé de loin ou de près, au moyen financier ou en communiquant autour d'eux sur nos besoins et nos actions.
Merci à tous les stagiaires, services civiques, éco-volontaires... pour leur aide précieuse dans des périodes cruciales, sans eux nous n'aurions pas passé certains étés.
Merci à toutes les personnes nous ayant fait confiance, en mettant entre nos mains l'animal blessé qu'ils avaient trouvé, en nous invitant à des salons ou animations.
Merci à toutes les personnes qui ont participé à cette aventure, de la création à maintenant, de près ou de loin, quelques heures ou de longues années.
Merci Ă  tous ceux qui nous ont soutenus, qui se sont battus pour la cause animale et qui continuent de le faire.
Merci à mes collègues, nous étions 3, 3 caractères forts, 3 personnes complémentaires, 3 amies. Merci à notre Président, sa femme, notre comptable, et le reste du bureau pour les heures passées à se démener sans compter.
Merci à tous nos pensionnaires qui nous ont fait vivre des moments extraordinaires, qui nous ont fait passer du rire aux larmes, de la peine à la joie. Et qui nous ont surtout beaucoup appris. Bref… Merci.

Maintenant place aux explications :

Toutes les associations le savent, le combat financier est quotidien, long, complexe et désespérant. Si bien que l’on passe presque plus de temps à chercher des solutions de financement qu’à mener les actions de l’association.

Depuis sa création, l’association O.I.S.O. a vu son activité augmenter considérablement d’année en année. Nous avons dû accueillir de plus en plus d’animaux, nous avons dû leur consacrer plus de temps et plus d’argent. L’affluence des animaux nous a poussé à agrandir les locaux (salles de soins, volières). Le grand public prenant peu à peu conscience de l’importance de soigner la faune sauvage, nous avons été de plus en plus sollicités, aussi bien pour la prise en charge des animaux que pour la sensibilisation du public. Nous avons dû étoffer l’équipe de la manière la moins coûteuse possible pour l’association (contrat aidés, temps partiels, services civiques).

Mais en parallèle les financeurs historiques traînent des pieds pour nous soutenir, certaines subventions diminuent d’autres stoppent.

En juillet 2015 l’association est placée en redressement judiciaire. Après 6 mois où nous redoublons d’efforts pour trouver des solutions de financement et surtout grâce à la participation massive du public le plan de redressement est accepté.
Mais rien n’est gagné, car malgré la fin du redressement judiciaire certains financeurs ne renouvellent pas leur soutien. Nous tentons d’adapter nos actions, de mettre en place des formations et animations scolaires payantes, de vendre des objets sur les salons, etc. bref de trouver des solutions. Nous renforçons les rangs avec des bénévoles, des partenaires techniques, des services civiques et des stagiaires.

Les soins de nos nombreux pensionnaires restent notre priorité et le temps nous manque pour mettre en place les divers projets que nous avons en tête, des projets qui nous permettraient de pérenniser nos actions.
Par ailleurs, le centre de soins de Picardie est contraint de fermer ses portes (pour les même raisons que nous), nous devons donc prendre en charge encore plus d’animaux.

Mais nos financeurs principaux tardent toujours plus à nous attribuer des subventions et nous laissent dans l’incertitude complète sur leurs intentions à notre égard. Les différents organismes publics se renvoient la balle. Les entreprises et fondations privées n’ont que faire de notre cas. Seules quelques fondations et associations de protection animale nous soutiennent encore. En juillet 2017, à bout de souffle, nous décidons de stopper nos actions et de créer une cagnotte pour récolter l’argent nécessaire pour repartir. Nous espérions que les financeurs, voyant l’engouement du grand public pour la cause, comprendraient l’enjeu, écouteraient leurs citoyens. Quelques institutions, fondations et entreprises ont proposé leur aide. Jusqu’au bout nous avons tenté de trouver des solutions complémentaires et/ou alternatives aux subventions publiques. Mais tout cela n’a pas suffi.

En dernier recours nous envisageons les licenciements, même s’il semble très compliqué de gérer une telle structure uniquement sur du bénévolat, cela pourrait éviter la fermeture du centre de soins. En vain, car la procédure de licenciement est trop coûteuse.
C’est donc après avoir tenté de nombreuses démarches et avec un immense regret que nous nous voyons dans l’obligation de fermer le centre de soins et de dissoudre l’association, après 11 ans d’activité.

Plus concrètement, voici ce que nous avons entrepris en 2017 pour sauver l’association :

Pour réussir à se sortir de ces problèmes financiers nous avons redoublé d'effort. Des services civiques ont rejoint nos rangs. Leur but étant de réussir à réduire nos dépenses en organisant des collectes alimentaires ou en démarchant auprès des professionnels. Affaire réussie puisque nous avions 2 garagistes pour l'entretien de la voiture, des boucheries pour la viande, des primeurs et supermarchés pour les invendus de fruits et légumes etc. Des collectes à Gamm' Vert Berck et Hucqueliers ainsi qu'à Carrefour Berck ont été réalisées. Ces volontaires en service civique nous ont également apporté leur aide dans la création et le dépôt de nombreux dossiers de subventions ; toutes les fondations, les entreprises ayant l'environnement en secteur d'activité furent contactées. Notre dossier a été transmis à Mr Hulot et Mr Macron, sans retour à ce jour. Malheureusement, nous avons essuyé énormément de refus… Nous nous sommes aussi tourné vers les mairies, les collectivités proches du centre de soins, certains se sont sentis concernés d'autres ont renvoyés la faute sur les institutions plus grande. La faune sauvage est l'affaire de tous et de personne à la fois.

Alors pour n'avoir de compte Ă  rendre Ă  personne, nous avons voulu trouver des solutions alternatives :

En bref, nos journées étaient longues, nos nuits étaient courtes et nos cerveaux en constante ébullition. Nous nous sommes battus jusqu'au bout, mais nous avons perdu le combat, épuisés mentalement et physiquement.

En résumé voici les actions entreprises durant cette année 2017 :

Tout ceci représente les actions que nous avons réalisées, mais à côté de tout cela nous avions également les soins aux pensionnaires à faire.

Désormais nous ne sommes plus là, fin décembre a été prononcée la liquidation judiciaire, les salariées ont reçu leur lettre de licenciement. Nous espérons vivement qu'une structure nouvelle ouvre ses portes pour que la faune sauvage de cette région puisse recevoir les soins qui lui sont dû.

En attendant, vous pouvez toujours prendre contact avec les LPO62-59 pour obtenir des conseils, la LPA de Calais qui peut prendre en charge des animaux (dans la limite de ses moyens), les centres de soins, d'Hirson et de Saint-Quentin qui eux aussi sont limités.

Pour rappel, la détention d'animaux sauvages est illégale sans autorisations, les soins sont très réglementés et on ne s'improvise pas soigneur. Pour ne pas mettre la vie de l'animal en danger, pour ne pas risquer la vôtre contactez un centre de soins, dès la découverte d'un animal blessé, n'attendez pas ! Le métier de soigneur n'est pas à la portée de tous, demande des connaissances et surtout est fait pour assurer le bien-être de l'animal et son retour à la liberté.

L’équipe OISO

Le mot du président

Ce mercredi 27 décembre, j’ai reçu le document officiel nous signifiant la mise en liquidation judiciaire de l’association OISO.

L’arrêt brutal du soutien de la nouvelle majorité du Conseil Régional vis-à-vis de notre activité rendait cette décision inévitable.

Je suis triste.

Triste en premier lieu pour les trois salariées, elles avaient tant donné pour assurer 7 jours sur 7, le bon fonctionnement du Centre de soin. Pour deux d’entre elles, c’était leur premier emploi. Le chômage est leur avenir prochain.
Triste pour les volontaires en Service Civique, elles découvraient avec nous le monde du travail.
Triste pour les transporteurs bénévoles et pour les vétérinaires bénévoles qui drainaient notre belle région.
Triste pour les milliers de personnes qui savaient pouvoir compter sur nous afin de partager leur compassion vis-à-vis de la Faune sauvage en souffrance et afin d’y porter remède dans la mesure de nos moyens. Le téléphone sonnera dans le vide, le mail restera sans réponse.
Triste pour les associations, fondations et mécènes qui nous ont soutenus et épaulés financièrement.
Je suis révolté de cet abandon de la Faune Sauvage à son sort de victime des activités humaines. Je sais, l’expression est convenue, mais années après années elle devient de plus en plus justifiée. Aucune alerte n’est écoutée ni entendue !

Aujourd’hui une minorité d’élus en CDD contribue à détruire ce que nous avions construit au cours de ces 10 dernières années.

En conclusion, dans les Hauts de France, resteront 3 adresses : 2 centres communaux à Hirson et à Saint Quentin et le centre de premiers soins de madame Labaeye à Montcavrel. Ils ont une capacité d’accueil de 100-150 animaux l’an. Malgré la compétence indiscutable des responsables ; comme pour les crèches en France il faudra retenir son tour et ne pas hésiter à parcourir 200 km pour déposer un animal blessé. Pour l’anecdote, le centre OISO avait accueilli 1200 animaux en 2017 et avait atteint le chiffre de 1000 animaux au 15 juillet ! La pétition lancée à cette date avait recueilli 13000 signatures

J Bonvoisin